

La première fois que j'ai rencontré Mr Luang, j'ai été
frappé par la douceur de son visage, la bienfaisance de son sourire et la souffrance de son regard. Un regard profond, chargé d'histoire. Un regard qui en dit long sur la complexité de tout un
peuple, sur l'histoire d'une vie et la cruauté, parfois, d'une existence… Un regard intense, intime, tout en retenu. Un regard qui marque à jamais la vie de celui qui le croise. Je me suis donc
attardée sur ce regard. Celui de Mr Luang et sur ce pays qui l'a vu grandir, rire, mourir et s'éteindre à petit feu. Le temps d'une journée, le temps d'une rencontre, le temps d'un regard.
Témoignage d'un oublié de la sale guerre…
Le passage des camions fait trembler le moteur des pétrolettes le long de la route sinueuse qui relie Hanoi au petit village de Mr Luang. Elles tremblent oui, les
pétrolettes effrontées mais elles ne tombent pas. Ici c'est l'emblème national. La locomotive de tout un peuple. De vieilles pétrolettes fièrement chevauchées par deux, trois personnes voire une
famille entière. Tant que ça tient, ça roule et tant que ça roule, ça tient! La pétrolette est au peuple vietnamien ce que la clio est au peuple français. Et la pétrolette de Mr Luang n'arrête
pas. Ces allées et venues incessantes. Des va-et-vient en veux-tu, en voilà, aux côtés des camions fous vietnamiens. Relier quotidiennement les 40 kilomètres qui séparent la ville touristique de
sa campagne reculée, ça ne lui fait pas peur, Mr Luang. A pétrolette…donc, il transporte des touristes. Car Mr Luang est guide touristique, le Mr "tour operator" du village. Officieusement bien
sûr. "Il faut bien gagner sa vie", comme il dit. Son grand rêve c'est le "Monde". Son devoir: "faire découvrir aux étrangers un peu de mon pays, de ma culture, de
mon histoire". Et de s'alimenter en retour du récit de ses clients. Car oui il aimerait voyager et il aime qu'on lui raconte la France. Cette France et
cette Europe qu'il voudrait tant découvrir.
Quand on lui raconte l'Europe, son émotion il vous la balance en pleine figure. Elle vous envahit tant elle est sincère, spontanée presque juvénile. "Envoyez-moi des cartes postales" qu'il nous martèle joyeusement à longueur de journée, "ça
me fait voyager!". Et les cartes postales,il n'en manque pas. Elles décorent fièrement les murs défraichis de la maison familiale. Mr Luang n'a jamais
voyagé mais il connait mieux l'histoire des pays du monde que ceux qui les peuplent. Il aime l'histoire des pays, il aime s'instruire. Mr Luang est un autodidacte. Il a appris seul l'anglais, il
apprend seul le français, il apprendra seul le finois… Napoléon n'a aucun secret pour lui. Pourtant ici, point de connexion internet ou de bibliothèque. Les encyclopédies que lui envoient ses
clients… ce sont ses trophées et les clés de son savoir. Contre un piètre salaire, quelques livres ou cartes postales, un sourire parfois, il fait visiter son Vietnam aux touristes. Partager son
regard, tel est son adage. C'est avec un bonheur non dissimulé qu'il nous les montre, ses cartes postales des 4 coins du monde. Ah, il en est fier. Et il sourie. On ne lui fait pas! Il les
connaît toutes! Par coeur! Et il les relit, inlassablement. Il redemande encore, ce mot en français "ça veut dire quoi déjà?". Tel un enfant avec cette soif insatiable d'apprendre et de comprendre. Et il sourie… encore. Avant toute visite de son village et de ses somptueuses rizières, il raconte
son histoire. C'est un rituel, comme pour mieux nous imprégner de son pays. Et il est préoccupé, il met un point d'honneur à ce que ses visiteurs d'un jour comprennent. Alors, il fait noter les
dates importantes, il s'attarde sur des anecdotes, il s'excite, se mélange, se confond puis s'arrête et reprend. Il veut s'en assurer, il veut que le monde comprenne, il veut que nous repartions…
un peu moins touriste... un peu plus homme. Alors quand il nous parle du Vietnam, de son Vietnam, sa voix devient confidentielle, son regard s'assombrit. Il semble porter tout le poids du monde.
Avec toujours ce regard intense, intime, tout en retenu.
Le Vietnam c'est sa vie mais c'est aussi son enfer… Officiellement Mr Luang est paysan. Sur le papier seulement. Car s'il travaille au champ, il vit du marché noir du tourisme. S'il se fait "chopper, c'est le camp". Mais il faut bien survivre, surtout ici, quand on n'est pas communiste. Le tourisme, c'est un rêve, un rêve de gosse, il voulait être guide et il voulait voir le monde Mr Luang! Ce sera le monde qui viendra à lui...
Il a été réquisitionné pendant la guerre du Vietnam au côté de l armée Sud Vietnamienne. Dans cette guerre, cette sale guerre qu'il ne comprenait pas. Il était soldat, tireur de la première ligne. Mais cette guerre, il nous en parlera très peu. Comment mettre des mots sur ce qui semble inqualifiable. Alors il nous raconte brièvement et s'attarde sur l'après.
En 1975, après plusieurs années de guerre sans victoire, les autorités américaines, françaises, sud vietnamiennes et communistes rassemblées à Paris décident la fin
des combats. "Vous êtes partis mais nous, on est restés" confie t-il, larme à l'oeil. Après le retrait des
troupes occidentales et américaines, les combats ont continué "entre nous". Les communistes ont gagné du terrain puis le contrôle du pays. Et comme il dit, "pas de chance, je suis tombé dans le mauvais camp". 15 années passées en camp de rééducation. Peine réduite à 10 grâce aux relations
de son grand oncle, membre du parti communiste. Le grand oncle communiste, il vit dans la maison voisine. Une maison décorée de petites barques. Des barques qui flottent et dans lesquelles on
dort volontiers, "lorsque les maisons sont inondées", nous expliquera t-il plus tard. Chaque année, durant la saison des pluies. Ce grand oncle communiste, il lui voue une admiration
sans faille, une admiration paradoxale.
Les communistes ont le pouvoir, le contrôle du pays, la maîtrise de la peur et du bâton alors il force le respect et l'admiration. Etrange et complexe histoire que celle de ces familles déchirées
par un parti. Entre admiration et terreur. Entre humilité et humiliation. Ces terres lui ont été confisquées, ils les travaillent encore mais elles ne lui appartiennent plus. "Partage et
travail", mots d'ordre d'un parti utopiste aujourd'hui autoritariste. Sourire amer porté sur ses années noires, ses années "lavage de cerveau" contre le capitalisme. 10 années de travaux forcés
dans les champs, 10 années de silence, 10 années de terreur, 10 années de délation, 10 années de persécution, 10 années d'enfer… et une vie... réduite à néant. Ces mots qu'il n'a pas pu prononcer
pendant des années semblent aujourd'hui les seuls qui le rattachent à la vie. Ces mots, il nous les transmet. Comme pour ne pas oublier. Comme pour faire vivre, les gens comme lui, ces oubliés de
la sale guerre, ces oubliés d'un pays. Il nous montre la photo de sa fille, il en est fière, elle a réussi des brillantes études de médecine. Mais elle est infirmière. "Ici, elle ne pourra pas évoluer" nous explique t-il. Toute une famille, condamnée. 20 ans après, les années de la sale guerre se
payent encore chères chez les héritiers des "non communistes". Il nous expliquera la fuite des élites et des grandes fortunes vers l'occident, la main mise du Parti Communiste (une élite de 3,2
millions de membres) sur les postes à responsabilités. Les 79 millions resteront en bas et crèveront en bas. "Il n'y a pas d'avenir ici". Il ne croit pas en Dieu, il ne
croit plus en Dieu (la moitié de la population est bouddhiste, 7 millions catholiques). Mais ils croient aux ancêtres et aux esprits. Celui de la cuisine est vénéré et sa femme a semble t-elle
été touchée par sa grâce. Des plats au delà du raisonnable, au delà du divin. En se promenant le long des rizières, je lui demande ce qu'il pense de nous, des américains, de tous ces gens qui
sont partis et qui reviennent aujourd'hui. Il me regarde intensément avec un de ces regards qui vous transperce le coeur, à jamais. Et touché lui aussi par la grâce du monde, il me répond
"nous sommes tous frères, la guerre c'est du passé, regardons ensemble vers l'avenir. J'aime le monde, j'aime tout le monde, les Français, les
Américains, les Communistes, nous sommes tous frères, je n'ai pas d'avenir dans ce bas monde mais je ne peux que tendre ma main." Un célèbre proverbe
vietnamien dit que "entre les quatre mers, tous les hommes sont frères", avec Mr Luang il prend toute sa
signification et sa sagesse.
[ Ces 10 dernières années la société Vietnamienne a amorcé une phase de profonde transition même si
sur le plan politique, le changement n a pas suivi. Le communisme, mot d'ordre de toute une génération a fait place au capitalisme... mais pour l économie seulement. Entrainé par la Chine, le
Vietnam a ouvert son marché et son économie pour permettre au pays d accéder à la prospérité, tout en conservant une main de fer dans le domaine de la pensée et de la politique. Economie
libérale mais parti politique unique et ultra conservateur forme un mélange assez paradoxal. Liberté de gagner de l'argent mais pas de s'exprimer. Une contradiction de plus en plus
difficile à admettre, notamment chez les jeunes et les travailleurs qui s'ouvrent de plus en plus au monde par le biais des affaires et d'internet. Les pouvoirs publics imposent aux médias
traditionnels leurs règles, leurs lois et leurs normes afin d'orienter les individus vers une pensée commune. Le journalisme est devenu l'instrument de communication politique du Parti
communiste et des Ministères. La situation de la liberté de la presse au Vietnam est considérée comme très grave par Reporters Sans Frontières au classement mondial sur la liberté de
la presse ]
Les noms, les villes et les photos ont été volontairement changés pour respecter
l'anonymat.
Ce n'est plus un concept, c'est un constat. Les premiers "réfugiés climatiques" ont fait leur apparition dans de nombreux pays du monde. Condamnés à quitter leur terre et leur culture, ils sont
les premières victimes des bouleversements climatiques et les nouveaux "Sans Statut Fixe" de la planète. Car à ce jour, pour le droit international, ils sont inexistants. Si les réfugiés
politiques ont un statut et des droits spécifiques, les réfugiés climatiques en sont exclus. Sans pouvoir revendiquer le droit d'asile, où vont donc migrer les "rejetés de la planète"? Pour
le moment, là où ils peuvent car si les catastrophes liées au climat ont provoqué la migration de 20 millions de personnes en 2008, selon l'ONU, les pays riches sont encore dans la "demi-prise"
de conscience. Génocide silencieux de pays qui meurent aux yeux et dans l'indifférence de tous. A la veille du sommet de Copenhague, l'enjeu est donc de taille: Nations qui meurent demandent
asile à ses destructeurs…
Bangladesh, un pays qui se noie
Après les photographies chocs de l'ours polaire dérivant sur la banquise fondue, c'est au tour de l'humain de chavirer. Et cette fois, c'est au Bangladesh que vous serez certain de réussir votre cliché. Régulièrement touché par les inondations pendant la mousson, le Bangladesh assiste a une recrudescence du phénomène depuis quelques années. Alors qu'à Copenhague on s'interroge encore sur la possibilité d'agir en faveur de la planète, un pays parmi une longue liste déroulante à venir, s’efface dans l’indifférence quasi générale. Comme un jeu de domino, île après île. Le Bangladesh, l'une des grandes terres fertiles de la planète, peut se targuer aujourd'hui d'être officiellement la "première grande victime recensée de l’augmentation des températures". Ses grands fleuves le rendent aujourd'hui vulnérable. Ajoutez les inondations incessantes, les raz de marée, les périodes de sécheresse et les cyclones tropicaux (en 1991, 138 000 morts), vous obtenez une nation en tête de liste des nouveaux pays exportateurs de "réfugiés climatiques". Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) annonce une perte de 17 % de son territoire d’ici à 2050 avec 20 millions de Bangladais devenant des réfugiés environnementaux à cette même date.
Appel en absence
Certains pays tirent depuis plusieurs années la sonnette d'alarme. L'exemple le plus parlant en la matière est sans aucun doute l'Etat de Tuvalu, composé de 9 atolls coralliens dans l'Océan Pacifique Sud. En septembre 2003, à New York à l'occasion de son discours devant l'ONU, le Premier Ministre de Tuvalu, Saufatu Sopoanga dénonçait les effets dévastateurs des changements climatiques sur son pays "We live in constant fear of the adverse impacts of climate change. For a coral atoll nation, sea level rise and more severe weather events loom as a growing threat to our entire population. The threat is real and serious, and is of no difference to a slow and insidious form of terrorism against us."
"Une forme insidieuse de terrorisme contre nous", non l'expression n'était pas trop forte. Aujourd'hui, à défaut de pouvoir sauver sa Nation, il demande à ses pays voisins, l'asile climatique souhaitant ainsi une évacuation massive de ses concitoyens pour sauvegarder leur culture. Pour le moment l'Australie a refusé toute coopération. Selon les experts, ces atolls pourraient être complètement submergés d’ici 2050. Lieu de vie d’une dizaine de millions d’habitants qui disparaitrait.
Le rapport qui dérange
Comme toute bonne inégalité qui se respecte, le "réfugié climatique" ne déroge pas à cette règle: le réchauffement climatique frappe les plus misérables. Les pays riches quant à eux conservent le premier rôle dans les changements environnementaux, les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Faire face à ses responsabilités est donc le nouvel adage des pays développés. Dans un récent rapport, intitulé "leader ou looser", l'organisation Greenpeace épingle les chefs d'états: "faîtes ce que je dis mais pas ce que je fais". Ainsi, si Barack Obama a reçu le prix Nobel de la paix, il fait figure de cancre lorsqu'il s'agit de sauver la planète. Dernier du classement, derrière Nicolas Sarkozy, ou encore Hu Jintao. Car comme l'explique Greenpeace: "Les mauvais élèves ne sont pas ceux que l'on croit. Contrairement aux discours ambiants qui visent à faire de la Chine et des grands émergents les responsables d’un échec programmé à Copenhague, il apparaît clairement… que c'est dans le groupe des pays industrialisés que se trouvent les cancres du climat." La Chine et l'Inde font donc figure d'élèves attentifs "au regard des actions que ces deux pays s'engagent à mener pour limiter la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre."
L'enjeu d'un sommet
Les experts s'accordent à dire que la température moyenne mondiale ne doit pas augmenter de plus de 2°C d'ici la fin du siècle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser dès 2015. C'est un des grands enjeux du sommet de Copenhague qui se déroulera du 7 au 18 décembre.
Les chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier s'y retrouveront pour décider de la réduction de ces émissions. Malgré les déclarations qui s'enchainent sur les conséquences irrémédiables à venir, les politiques ne semblent pas encore mesurer l'ampleur de leur tâche. Certains spécialistes prédisent l'échec du sommet. Et les conclusions du rapport de Greenpeace semblent sonner le glas. Aucun chef d'état ne défendrait une position suffisamment ambitieuse pour limiter l'augmentation des températures, hormis le Président de Tuvalu.
Comment nourrir la prise de conscience, quand les actions se succèdent, les manifestations déferlent, les désastres écologiques s'enchaînent, les réfugiés climatiques augmentent, des pays disparaissent? Si les chefs d'Etat restent indifférents à tous ces appels, la terre se heurte à ses propres limites. Espérons que le prochain sommet de Copenhague ne soit donc pas la goutte d'eau qui fasse déborder la planète... A bon entendeur!
Soulages,
l'influence...
Avec une petite pincée d’orgueil et de subjectivité que je ne nierais pas, je vous affirmerais que Midi-Pyrénées est encore une des plus belles régions de France ayant su conserver son charme d’antan. C’est là où j’ai vécu et grandi. Ici la palette des couleurs dessine les saisons. Le blanc dépose son manteau de neige sur les sommets des Pyrénées et des monts de Lacaune. C'est le temps de la garbure, des marchés au gras et des bérets. Le vert annonce le printemps. Le canal du Midi s'ouvre de nouveau à la navigation. Les briques des pigeonniers flamboient au soleil couchant. C'est le temps des salades et des respounchous. Le jaune sonne l'été. La chaleur est à son apogée. Partout explosent les festivals. Les tournesols virent à l’ouest. Le Tour de France grimpe nos cols. Le brun annonce l'automne comme la plus riche des saisons. C'est le temps des vendanges et des promesses. Le pistil du safran est prêt pour sa délicate récolte. L'alambic parcourt les vignobles d'Armagnac.
Et puis il y a le noir… celui qui annonce la grandeur, le charisme et l'humilité. Le noir de Soulages et de son Aveyron natal qui l'a vu grandir. Ce noir qui marque son empreinte et force mon admiration.
Serait-ce les couleurs et la douceur de vivre de notre région qui l'ont tant influencé? J'aime à le penser. Douce illusion.
Enorme!
Ce soir malgré
le cacardement de mes copines, j'ai troqué le tutu, le maquillage et les bars "lounges" parisiens, pour la bière,
les chips et le vautrage dans le canapé. Moins glamour, je vous l'accorde mais tout aussi rock'n roll, je vous l'assure. A l'affiche: France/ Afrique du Sud. Une belle rencontre comme on sait les
apprécier dans les chaumières gasconnes.
Un match amical certes, mais contre les Champions du Monde en titre, nuance. Un jeu dur parfois violent. Depuis son sacre, deux ans plus tôt, l'Afrique du Sud est " The Equipe" à
craindre et à vaincre. Ce soir pourtant, un vent de folie a soufflé dans le stade de la ville rose. Arrachant la victoire aux Sud-Africains. Ce soir oui, les Champions of the World ont
trouvé plus fort qu'eux. Et c'en terre de rugby, qu'ils ont dû réviser leurs fondamentaux. Démonstration de force, combativité, solidité, détermination, les termes élogieux sont nombreux pour
qualifier le travail de l'équipe de France sur le terrain. Score final 20 à 13. Et un Stadium debout! Toulouse s'en va fêter la victoire. Zoa quant à elle, remet ses talons et s'en va
rejoindre ses oisons…
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